Moins de 50 km de voies vertes balisées sur l’ensemble du département : le Cantal n’est pas la destination cyclable la plus équipée de France, et il vaut mieux le savoir avant de charger les vélos sur le porte-bagages. Pourtant, les tronçons existants traversent des paysages parmi les plus beaux d’Auvergne, sans un seul carrefour à négocier avec des enfants. Entre l’ancienne voie ferrée de Sumène-Artense, la liaison cyclable le long de l’Alagnon et les petites routes communales quasi désertes, il est tout à fait possible d’organiser plusieurs journées de vélo en famille dans le Cantal, à condition de bien choisir son parcours et sa saison.
Dans cet article
- Le Cantal compte environ 17 km de voie verte aménagée sur l’ancienne voie ferrée de Sumène-Artense, accessible dès 4 ans en draisienne
- La liaison cyclable des rives de l’Alagnon relie Lempdes à la vallée de la Cère sur un tracé à faible dénivelé
- Le revêtement varie selon les tronçons : enrobé lisse, stabilisé compacté ou gravier fin, ce qui conditionne le choix du vélo
- Les meilleurs mois pour rouler en famille sont mai-juin et septembre, quand la chaleur reste modérée et la fréquentation faible
- Plusieurs points de location de vélos existent à Mauriac, Aurillac et Riom-ès-Montagnes, avec sièges enfants et remorques disponibles
- Des projets d’extension vers Aurillac et Bort-les-Orgues sont en cours d’étude par le Département
Sommaire
- Voie verte ou véloroute : ce que cela change pour une sortie en famille
- La voie verte de Sumène-Artense : le tronçon phare du département
- La liaison cyclable des rives de l’Alagnon vers les monts du Cantal
- Les petites routes sans trafic : une alternative cantalienne
- Quel itinéraire choisir selon l’âge des enfants
- Équipement, location de vélos et ravitaillement sur le parcours
- Quand partir et comment organiser la journée
- Combiner vélo et patrimoine : les détours qui valent l’arrêt
Voie verte ou véloroute : ce que cela change pour une sortie en famille
La confusion entre ces deux termes revient à chaque fois qu’un parent prépare une sortie cyclable. Une voie verte, au sens du Code de la route (article R110-2), est un aménagement réservé exclusivement aux déplacements non motorisés : vélos, piétons, rollers, personnes à mobilité réduite. Aucune voiture, aucun tracteur, aucun scooter n’y circule. C’est la configuration la plus sûre pour des enfants qui roulent seuls.
Une véloroute, en revanche, est un itinéraire cyclable continu qui peut emprunter des voies vertes sur certains tronçons, mais aussi des routes à faible trafic, des chemins ruraux ou des bandes cyclables en agglomération. Le niveau de sécurité varie donc d’un segment à l’autre. Dans le Cantal, la distinction est importante : les sections en voie verte pure sont encore limitées, et la majorité des parcours balisés empruntent des routes départementales peu fréquentées.
Pour une famille avec des enfants de moins de 8 ans, je recommande de s’en tenir aux voies vertes strictes ou aux chemins de halage. Au-delà, les petites routes cantaliennes offrent un terrain de jeu remarquable à condition de savoir lire une carte et d’éviter les axes touristiques en juillet-août.

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La voie verte de Sumène-Artense : le tronçon phare du département
C’est l’itinéraire que je conseille en premier à toute famille qui découvre le Cantal à vélo. La voie verte de Sumène-Artense suit le tracé de l’ancienne voie ferrée entre Mauriac et Lugarde, sur environ 17 km. Le revêtement en stabilisé compacté est praticable avec un VTC, un VTT ou même une poussette tout-terrain. Le dénivelé reste modéré : on monte doucement depuis Mauriac (altitude 700 m) vers le plateau d’Artense (environ 850 m), avec des pentes qui ne dépassent jamais 3 %.
L’ancien tracé ferroviaire offre un avantage considérable : les courbes sont larges, la visibilité est excellente et les passages sous les ponts en pierre ajoutent une dimension ludique pour les plus jeunes. Le parcours traverse des prairies d’estive, longe des bois de hêtres et passe à proximité de plusieurs hameaux où l’on peut remplir les gourdes.
Quelques repères pratiques :
- Le départ le plus accessible se situe au parking de la gare de Mauriac, où des panneaux indiquent le début de la voie verte
- Des aires de pique-nique aménagées jalonnent le parcours tous les 4 à 5 km
- Le tronçon est accessible aux fauteuils roulants sur les sections en bon état, mais certains passages peuvent être dégradés après les pluies hivernales
- La voie est partagée avec les piétons et les cavaliers : on roule à droite, on signale son dépassement
Pour le retour, deux options : faire demi-tour (ce qui donne un aller-retour de 34 km, réservé aux familles avec des enfants entraînés), ou prévoir une voiture au point d’arrivée. Il n’existe pas de navette vélo organisée sur ce tronçon, contrairement à ce qu’on trouve sur les grandes véloroutes comme la Loire à Vélo.
La liaison cyclable des rives de l’Alagnon vers les monts du Cantal
Ce parcours relie les rives de l’Alagnon aux contreforts des monts du Cantal, en direction du Lioran. Il ne s’agit pas d’une voie verte au sens strict : l’itinéraire emprunte un mélange de pistes cyclables aménagées et de routes communales à très faible trafic. La longueur totale avoisine les 20 km, avec un dénivelé positif plus marqué que sur la voie de Sumène-Artense, de l’ordre de 400 m sur l’ensemble du tracé.
Le paysage change radicalement au fil des kilomètres. On démarre dans la vallée de l’Alagnon, assez large et agricole, pour remonter progressivement vers les forêts de sapins et les premières pentes du massif. C’est un itinéraire que je réserve aux familles avec des enfants à partir de 10-12 ans habitués à pédaler, ou aux parents équipés d’un vélo à assistance électrique avec remorque.
L’intérêt majeur de cette liaison est de permettre une approche douce du massif cantalien et de ses cols, sans passer par les routes départementales où les camping-cars circulent en été. Le balisage est en place mais reste discret : il faut télécharger la trace GPX avant de partir.
Les petites routes sans trafic : une alternative cantalienne
Soyons honnêtes : dans un département de 5 726 km² pour moins de 145 000 habitants (selon les données de l’INSEE), beaucoup de routes communales ne voient passer que quelques voitures par heure. Cette réalité démographique fait du Cantal un terrain de vélo en famille remarquable, même en dehors des voies vertes officielles.
J’ai identifié au fil des années plusieurs boucles sur routes communales particulièrement adaptées aux familles :
Autour de Salers : une boucle de 12 km par les routes de plateau, entre 800 et 950 m d’altitude, avec vue sur les monts du Cantal. Le trafic est quasi nul en dehors de la route d’accès au village. On croise plus de vaches Salers que de voitures.
La vallée de la Maronne : en descendant depuis Salers vers la retenue d’Enchanet, la route de fond de vallée offre un parcours ombragé et plat sur une dizaine de kilomètres. Attention au retour en montée.
Le plateau de Trizac : entre Trizac et Riom-ès-Montagnes, les routes de plateau traversent un paysage de landes et de tourbières à 1 000 m d’altitude. Le vent peut souffler fort, mais le terrain est plat et le trafic inexistant. C’est un bon itinéraire pour découvrir les tourbières du Cantal depuis la selle.

Sur ces routes, la prudence reste de mise : pas de bande cyclable, pas de signalisation spécifique, et des tracteurs agricoles peuvent surgir aux intersections. J’impose toujours le port du gilet jaune aux enfants, même en plein jour, et je roule en file indienne avec un adulte en serre-file.
Voir aussi Venir dans le Cantal en train : lignes, correspondances et durée
Quel itinéraire choisir selon l’âge des enfants
Le choix du parcours dépend avant tout de l’autonomie à vélo des plus jeunes. Voici un tableau récapitulatif qui synthétise mon expérience sur le terrain et les retours de familles croisées sur les parcours.
| Âge de l’enfant | Itinéraire recommandé | Distance max aller-retour | Dénivelé | Type de vélo adapté |
|---|---|---|---|---|
| 2-4 ans (siège ou remorque) | Voie verte Sumène-Artense, section Mauriac | 10-15 km | Quasi nul | Remorque ou siège arrière |
| 4-6 ans (draisienne ou petites roues) | Voie verte Sumène-Artense, aller simple 5 km | 5-8 km | Moins de 50 m | Draisienne, vélo 14 pouces |
| 6-8 ans | Voie verte complète ou boucle plateau Trizac | 15-20 km | Moins de 150 m | Vélo 20 pouces, VTC enfant |
| 8-12 ans | Boucles Salers, vallée de la Maronne | 20-30 km | 200-400 m | VTC ou VTT 24 pouces |
| 12 ans et plus | Liaison Alagnon, combinaison de tronçons | 30-50 km | 400-600 m | VTC, VTT ou vélo route |
Un conseil que je donne systématiquement : divisez par deux la distance que votre enfant parcourt habituellement en terrain plat. Le Cantal n’est jamais vraiment plat, même sur les voies vertes, et l’altitude (souvent au-dessus de 700 m) fatigue les organismes qui n’y sont pas habitués. Prévoyez aussi 30 % de temps en plus par rapport à un parcours équivalent en plaine.
Pour les familles qui randonnent habituellement dans le Cantal avec des enfants, le passage au vélo est naturel : les mêmes réflexes de préparation s’appliquent, avec l’avantage de couvrir plus de distance.
Équipement, location de vélos et ravitaillement sur le parcours
Le Cantal n’est pas les bords de Loire : on ne trouve pas un loueur de vélos tous les 5 km. Il faut anticiper. Voici ce que je sais des possibilités actuelles.
Location de vélos : plusieurs prestataires proposent des VTC, VTT et vélos à assistance électrique à Aurillac, Mauriac et Riom-ès-Montagnes. Les tarifs tournent autour de 15 à 25 € la journée pour un vélo adulte classique, 35 à 50 € pour un VAE. Les remorques enfants et les sièges bébé sont généralement disponibles sur réservation, mais rarement en stock libre : réservez au moins une semaine à l’avance en juillet-août.
Équipement indispensable :
- Casque homologué pour chaque membre de la famille (obligatoire pour les moins de 12 ans, fortement recommandé pour tous)
- Gilet réfléchissant pour les sections sur route
- Kit de réparation avec chambre à air de rechange, pompe et démonte-pneu : les épines de prunellier crèvent régulièrement les pneus sur les voies vertes
- Crème solaire et coupe-vent : à 800 m d’altitude, le soleil brûle vite et la température chute dès qu’un nuage passe
- 1,5 litre d’eau par personne minimum : les fontaines sont rares sur les parcours
Ravitaillement : sur la voie verte de Sumène-Artense, Mauriac offre tous les commerces nécessaires au départ. En cours de route, les options se raréfient. J’emporte toujours un pique-nique complet et des barres de céréales. Sur les boucles autour de Salers, on peut s’arrêter dans le village pour acheter du fromage local et du pain, mais les horaires des commerces sont restreints hors saison. Les fermes-auberges et burons le long des itinéraires de plateau offrent une halte gourmande incomparable, à condition de vérifier leurs jours d’ouverture.
Quand partir et comment organiser la journée
La fenêtre idéale pour rouler en famille dans le Cantal s’étend de mi-mai à mi-octobre, avec deux périodes optimales :
- Mai-juin : les journées sont longues, la végétation explose, les prairies sont couvertes de fleurs. Les températures oscillent entre 12 et 22 °C en journée à 800 m d’altitude. La fréquentation est faible
- Septembre : la lumière est magnifique, les couleurs commencent à virer, et la chaleur estivale retombe. C’est ma saison préférée pour pédaler avec des enfants
Juillet-août fonctionne aussi, mais trois contraintes apparaissent : la chaleur peut dépasser 30 °C sur les plateaux exposés, le trafic augmente sur les petites routes (tourisme, exploitations agricoles en pleine activité), et les hébergements affichent complet. Si vous venez en été, partez avant 9 h et prévoyez de rentrer avant 14 h pour éviter les heures les plus chaudes.

Une journée type en famille ressemble à ceci :
- 8 h 30 : départ du parking, vélos chargés, pique-nique dans les sacoches
- 10 h : première pause après 6-8 km, collation et jeux au bord du parcours
- 12 h : pique-nique à une aire aménagée ou dans un pré (en demandant au propriétaire)
- 13 h 30 : reprise tranquille ou demi-tour selon la fatigue des enfants
- 15 h – 16 h : retour au point de départ, avec une marge pour les imprévus
Si vous combinez le vélo avec d’autres activités, le lac de Saint-Étienne-Cantalès offre une baignade bienvenue après une matinée de pédalage. Et pour les soirées, les spots d’observation du ciel étoilé du Cantal sont à portée de voiture depuis la plupart des parcours cyclables.
Combiner vélo et patrimoine : les détours qui valent l’arrêt
Le vélo dans le Cantal n’est pas qu’une affaire de kilomètres. Les itinéraires traversent un patrimoine naturel et bâti exceptionnel. Voici les arrêts que je recommande le long des principaux parcours.
Depuis la voie verte de Sumène-Artense : un détour de 3 km depuis le parcours mène au lac de la Crégut, un petit lac volcanique où l’on peut pique-niquer les pieds dans l’herbe. Plus loin, les villages d’Artense conservent des granges à encorbellement typiques de cette micro-région, avec leurs toits de lauze et leurs murs de basalte.
Depuis les boucles autour de Salers : le village lui-même mérite évidemment une halte, mais je préfère garer les vélos et monter à pied jusqu’à la vallée du Mars pour un point de vue sur la vallée glaciaire la plus sauvage du massif. En redescendant, on passe devant des curiosités géologiques que les enfants adorent escalader.
Depuis le plateau de Trizac : c’est le territoire des observations de faune sauvage. En roulant tôt le matin, j’ai régulièrement croisé des lièvres, des chevreuils et même entendu le milan royal au-dessus des prés de fauche. Le vélo offre un avantage sur la randonnée : on se déplace silencieusement et on couvre davantage de terrain.
Pour comprendre les paysages que l’on traverse, un détour par les panneaux d’interprétation du stratovolcan cantalien donne aux enfants (et aux adultes) les clés de lecture de ce relief si particulier. Le Cantal est le plus grand volcan d’Europe, et les vallées en étoile que l’on emprunte à vélo sont d’anciennes vallées glaciaires creusées dans ses flancs.
Pour les familles qui souhaitent prolonger l’expérience au-delà du vélo, la route des crêtes en voiture permet de relier les points hauts du massif et d’admirer d’en haut les vallées parcourues à vélo la veille.
Enfin, le réseau de voies vertes du Cantal s’inscrit dans un maillage régional plus large. Le site de l’Association française pour le développement des véloroutes et voies vertes (AF3V) recense l’ensemble des itinéraires aménagés en Auvergne et permet de planifier des parcours sur plusieurs jours en combinant les départements voisins.
À retenir
- Privilégiez la voie verte de Sumène-Artense pour une première sortie en famille : 17 km sans voiture, dénivelé inférieur à 3 %
- Téléchargez la trace GPX de chaque itinéraire avant de partir : le balisage sur le terrain est parfois discret
- Réservez les vélos de location au moins une semaine à l’avance en été, surtout pour les remorques et sièges enfants
- Divisez par deux la distance habituelle de vos enfants : l’altitude et le relief cantalien fatiguent plus vite qu’en plaine
- Emportez 1,5 litre d’eau par personne et un kit anti-crevaison : les points d’eau et les réparateurs sont rares sur les parcours
Questions fréquentes
Quel est le meilleur itinéraire à vélo pour une famille avec de jeunes enfants dans le Cantal ?
La voie verte de Sumène-Artense, entre Mauriac et Lugarde, est le parcours le plus adapté. Ses 17 km sur ancienne voie ferrée offrent un revêtement roulant, un dénivelé inférieur à 3 % et aucun croisement avec des véhicules motorisés. Les enfants dès 4 ans en draisienne peuvent y rouler en sécurité.
Les voies vertes du Cantal sont-elles accessibles aux poussettes et aux fauteuils roulants ?
La voie verte de Sumène-Artense est praticable en fauteuil roulant et en poussette tout-terrain sur les sections en bon état. Après de fortes pluies, certains passages en stabilisé peuvent être boueux ou dégradés. Il est conseillé de se renseigner sur l’état du revêtement auprès de l’office de tourisme local avant de partir.
Peut-on louer des vélos avec remorque enfant dans le Cantal ?
Oui, plusieurs prestataires à Aurillac, Mauriac et Riom-ès-Montagnes proposent des VTC, VTT, VAE ainsi que des remorques et sièges enfants. Comptez 15 à 25 € par jour pour un vélo adulte et 35 à 50 € pour un vélo à assistance électrique. La réservation à l’avance est indispensable en juillet-août.
Quelles sont les principales voies vertes et véloroutes en Auvergne accessibles depuis le Cantal ?
Depuis le Cantal, on peut rejoindre la véloroute de la vallée de la Dordogne vers l’ouest, les itinéraires cyclables du Puy-de-Dôme au nord (notamment la voie verte d’Issoire à Brassac-les-Mines) et les parcours du Lot au sud. Le site de l’AF3V référence l’ensemble du réseau régional avec les traces téléchargeables.
Quelle est la meilleure saison pour faire du vélo en famille dans le Cantal ?
Les mois de mai-juin et septembre offrent les meilleures conditions : températures agréables (12 à 22 °C à 800 m), longues journées, faible fréquentation. L’été reste possible mais impose de partir tôt le matin pour éviter les fortes chaleurs et le trafic touristique accru sur les petites routes.
Existe-t-il des projets d’extension du réseau cyclable dans le Cantal ?
Le Département étudie plusieurs projets d’extension, notamment vers Aurillac et en direction de Bort-les-Orgues. Le maillage régional Auvergne-Rhône-Alpes prévoit à terme de connecter les tronçons existants aux grands itinéraires nationaux, mais les délais de réalisation restent incertains.
Camille Vaissière est rédactrice tourisme basée à Aurillac. Elle arpente le Cantal et l'Auvergne depuis quinze ans, des villages classés de la Châtaigneraie aux crêtes du Puy Mary, et couvre le patrimoine, la randonnée, la gastronomie et les traditions du département.
Sources
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