Samedi 12 septembre 2026Tourisme et découverte du Cantal

Observer la faune dans le Cantal : brame du cerf, marmottes et rapaces

Chaque automne, entre la mi-septembre et la mi-octobre, les vallées boisées du massif cantalien résonnent du brame des cerfs élaphes. En été, les colonies de marmottes alpines sifflent sur les pelouses d’altitude du Puy Mary, tandis que le gypaète barbu et le vautour fauve planent au-dessus des cirques glaciaires. Observer la faune sauvage dans le Cantal ne réclame ni équipement coûteux ni expédition lointaine : il faut surtout connaître les bons secteurs, les bonnes heures et les règles de distance qui protègent ces espèces fragiles. Je détaille ici, site par site, saison par saison, tout ce qu’il faut savoir pour maximiser vos chances sans déranger les animaux.

Dans cet article

  • Le brame du cerf s’écoute dans le Cantal de la mi-septembre au 15 octobre, principalement dans les forêts de la Maronne et de la Sumène
  • Les marmottes sont visibles de mai à fin septembre sur les estives au-dessus de 1 400 m, notamment au virage de l’Impradine et au col de Cabre
  • Au moins cinq espèces de rapaces nichent ou stationnent dans le massif : vautour fauve, gypaète barbu, milan royal, faucon pèlerin et aigle botté
  • La distance minimale recommandée est de 100 m pour les cervidés en période de brame et de 30 m pour les marmottes
  • Deux sorties encadrées gratuites sont proposées chaque automne par le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne
  • L’aube et le crépuscule, entre 6 h et 8 h puis entre 18 h et 20 h, offrent les meilleures conditions d’observation toute l’année

Quelles espèces peut-on observer dans le Cantal

Le département du Cantal abrite une diversité faunistique remarquable, favorisée par des altitudes qui oscillent entre 200 m dans les gorges de la Cère et 1 855 m au Plomb du Cantal. La mosaïque de milieux, forêts de hêtres, tourbières, estives d’altitude et falaises volcaniques, offre des habitats variés à des espèces que l’on associe davantage aux Alpes ou aux Pyrénées.

Les cerfs élaphes, réintroduits à partir des années 1960 par les fédérations de chasse, comptent aujourd’hui plusieurs centaines d’individus répartis dans les massifs forestiers de l’ouest et du sud du département. Les marmottes alpines, lâchées dans les années 1960 et 1970 sur les pentes du Puy Mary et du Plomb du Cantal, se sont parfaitement acclimatées aux pelouses supérieures. Les mouflons de Corse occupent les crêtes rocheuses du cirque du Falgoux et de la vallée de la Jordanne, tandis que les chamois, arrivés plus récemment, colonisent progressivement les versants escarpés du massif.

Côté rapaces, la réintroduction du vautour fauve dans les gorges de la Truyère, à la frontière du Cantal et de l’Aveyron, a permis à l’espèce de reconquérir le ciel cantalien. Le gypaète barbu, grand casseur d’os, fait désormais des apparitions régulières au-dessus des cirques glaciaires depuis le programme de réintroduction mené dans le Massif central. Le milan royal, lui, niche en densité élevée dans les vallées bocagères de la Planèze et de la Châtaigneraie : le Cantal est l’un des départements français où cet oiseau est le plus abondant.

Pour compléter le tableau, les tourbières du Cantal hébergent des amphibiens rares comme le triton palmé, et les rivières accueillent la loutre d’Europe et le cincle plongeur. Les gorges de la vallée du Mars constituent un corridor naturel où se croisent plusieurs de ces espèces.

Marmotte alpine en alerte sur un bloc de basalte, estives du Puy Mary
Marmotte alpine en alerte sur un bloc de basalte, estives du Puy Mary

Voir aussi Cascades du Cantal : accès, saison idéale et durée de marche

Le brame du cerf : sites, période et conseils pratiques

Le brame est sans doute l’expérience naturaliste la plus spectaculaire que le Cantal puisse offrir. Ce rut automnal, pendant lequel les mâles poussent des cris rauques et graves pour attirer les biches et intimider leurs rivaux, se déroule généralement entre le 15 septembre et le 15 octobre, avec un pic d’intensité durant la dernière semaine de septembre.

Les meilleurs secteurs

Trois massifs forestiers concentrent l’essentiel de la population de cerfs dans le Cantal :

  • La forêt de la Maronne, entre Salers et Pleaux : les futaies de hêtres et de sapins y sont denses, et les cerfs brament dans les clairières en lisière. Le secteur du Puy de l’Arbre et de Saint-Martin-Valmeroux est particulièrement favorable.
  • La forêt de la Sumène, au sud d’Ydes : un vaste massif forestier où les cerfs profitent de la tranquillité relative des combes. On y accède par les petites routes depuis Saignes ou Vebret.
  • Les boisements de la haute vallée de la Cère, autour de Thiézac et de Vic-sur-Cère : les cerfs utilisent les couloirs boisés entre la vallée et les estives. La vallée de la Cère offre de bons postes d’écoute en rive droite.

Horaires et conditions

Le brame s’intensifie au crépuscule, entre 18 h 30 et 20 h 30, et reprend à l’aube, entre 5 h 30 et 7 h. Les nuits fraîches et humides, avec un fond d’air entre 5 et 10 °C, sont les plus propices. La pleine lune renforce parfois l’activité vocale, même si ce facteur reste débattu par les naturalistes.

La préfecture du Cantal publie chaque année des consignes d’observation du brame qui rappellent les distances minimales et les comportements interdits. Je recommande de les consulter avant chaque sortie.

Règles de distance et de comportement

Il faut garder une distance d’au moins 100 mètres avec les animaux. Aucune lampe torche, aucun flash, aucune source lumineuse ne doit être utilisée. Les chiens sont évidemment interdits, même tenus en laisse. Je conseille de rester sur les chemins forestiers et de s’installer dans un poste fixe, dos au vent, au moins trente minutes avant le début du brame. Le silence est impératif : même un chuchotement porte loin dans la forêt humide du soir.

Au fil de mes sorties dans ces forêts, j’ai appris qu’un cerf qui se tait brusquement a souvent détecté une présence humaine. Si cela arrive, il vaut mieux attendre sans bouger pendant un bon quart d’heure plutôt que de se déplacer pour chercher un autre poste.

Les marmottes des estives d’altitude

Les marmottes du Cantal sont devenues l’une des attractions naturalistes les plus accessibles du département. Introduites dans les années 1960, elles occupent aujourd’hui les pelouses d’altitude entre 1 400 et 1 800 m, principalement sur les versants sud et est du Puy Mary et du Plomb du Cantal.

Les sites d’observation les plus fiables

  • Le virage de l’Impradine, sur la D680 entre le Pas de Peyrol et le col de Serre : c’est le spot le plus célèbre. Les marmottes y sont habituées aux promeneurs et se laissent observer à une vingtaine de mètres. On les repère facilement grâce à leurs sifflements caractéristiques, un cri aigu et bref qui sert de signal d’alerte.
  • Le col de Cabre (1 528 m), accessible depuis la vallée de Mandailles : les terriers sont visibles à flanc de pente, au milieu des blocs de basalte. L’accès se fait par le GR400 ou par le sentier qui monte depuis le Fau.
  • Les pentes du Peyre Arse (1 806 m) : moins fréquentées par les randonneurs, ces estives abritent des colonies tranquilles. On y accède depuis le Pas de Peyrol par le sentier de crête.
  • Le cirque du Falgoux, versant nord-ouest du Puy Mary : les marmottes y côtoient les mouflons sur les éboulis supérieurs.

Meilleure heure et meilleure saison

Les marmottes sont des animaux diurnes. Elles sortent de leur terrier dès que le soleil réchauffe les pelouses, généralement entre 7 h et 9 h le matin, puis se montrent à nouveau en fin d’après-midi entre 16 h et 18 h. Aux heures chaudes de la journée, surtout en juillet et août, elles se réfugient sous les blocs rocheux.

La saison d’observation s’étend de mai à fin septembre. Les jeunes de l’année, nés en avril, commencent à sortir en juin : c’est la période la plus attendrissante. En septembre, les marmottes s’engraissent activement avant l’hibernation, et elles sont souvent plus visibles car elles passent davantage de temps à s’alimenter. Les randonnées avec des enfants dans le secteur du Puy Mary permettent souvent de combiner une sortie familiale avec l’observation des marmottes.

Vautour fauve en vol plané au-dessus des gorges de la Truyère, sud du Cantal
Vautour fauve en vol plané au-dessus des gorges de la Truyère, sud du Cantal

Ne pas les déranger : les bonnes pratiques

Malgré leur apparente familiarité, les marmottes restent des animaux sauvages dont la survie hivernale dépend de la qualité de leur engraissement estival. Chaque dérangement les contraint à fuir dans leur terrier, ce qui leur coûte de l’énergie. Les recommandations du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne sont claires :

  • Garder une distance minimale de 30 mètres
  • Ne jamais les nourrir : le pain, les gâteaux et les fruits sont nocifs pour leur système digestif
  • Rester sur les sentiers balisés pour ne pas piétiner les terriers
  • Tenir les chiens en laisse, ou mieux, les laisser à la voiture
  • Éviter les mouvements brusques et les cris qui déclenchent des fuites en chaîne dans toute la colonie

Les rapaces du massif cantalien

Le ciel du Cantal est aujourd’hui l’un des plus riches en rapaces de tout le Massif central. Plusieurs programmes de réintroduction et de protection ont porté leurs fruits, et l’on peut observer au moins cinq grandes espèces sans difficulté particulière.

Le vautour fauve

Réintroduit dans les gorges de la Truyère et les causses voisins de l’Aveyron à partir de 1981, le vautour fauve s’observe régulièrement au-dessus du sud du Cantal. Son envergure de 2,50 à 2,80 m le rend reconnaissable de très loin : il plane en cercles larges, ailes relevées en V léger, sans un battement. Les jours de vent du sud, il remonte les vallées jusqu’au-dessus du Plomb du Cantal. Les meilleurs postes d’observation se situent autour du viaduc de Garabit et des gorges de la Truyère, entre Chaudes-Aigues et Saint-Flour.

Le gypaète barbu

C’est la grande nouveauté de ces dernières années. Le programme de réintroduction du gypaète barbu dans le Massif central, piloté par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), a permis le lâcher de plusieurs individus. Ce rapace au plumage orangé et à la queue en losange se nourrit presque exclusivement d’os qu’il brise en les laissant tomber sur les rochers. Les observations restent aléatoires, mais les cirques glaciaires du Cantal, notamment la vallée du Mars et le cirque du Falgoux, correspondent exactement à son habitat de prédilection.

Le milan royal

Avec sa queue rousse fourchue et ses ailes coudées, le milan royal est le rapace le plus facile à identifier dans le Cantal. La Planèze de Saint-Flour, vaste plateau agricole cerné de volcans, accueille l’une des plus fortes densités de couples nicheurs de France. On le voit aussi très souvent dans la route des crêtes, posé sur les piquets de clôture ou en vol rasant au-dessus des prairies de fauche. En hiver, des dortoirs de plusieurs dizaines d’individus se forment dans les bosquets de la Châtaigneraie.

Faucon pèlerin et aigle botté

Le faucon pèlerin niche sur les orgues basaltiques et les falaises des gorges. Les sites du Roc des Ombres et des gorges de la Cère sont régulièrement occupés. L’aigle botté, petit aigle forestier, s’observe en été dans les grandes forêts de la Maronne et du Lioran, généralement en vol au-dessus de la canopée en milieu de matinée lorsque les thermiques se forment.

Voir aussi Observer les étoiles dans le Cantal : les spots sans pollution lumineuse

Mouflons, chamois et autres mammifères

Le mouflon de Corse, introduit dans les années 1960, a constitué une population d’environ 200 à 300 individus dans le massif cantalien. On les observe principalement sur les crêtes rocheuses du cirque du Falgoux, du Puy Chavaroche et des pentes du Puy Mary. Les mâles, reconnaissables à leurs cornes enroulées, se tiennent souvent à flanc de pente en petits groupes. Les meilleures observations ont lieu tôt le matin, entre 6 h et 8 h, quand ils broutent sur les vires herbeuses avant de se poster sur les arêtes pour la journée.

Les chamois, arrivés plus tardivement par colonisation naturelle depuis le Sancy et les monts Dore, sont encore discrets mais en augmentation. Ils fréquentent les versants escarpés entre le Plomb du Cantal et le Lioran. Leur pelage sombre en hiver les rend bien visibles sur la neige, et les sorties en raquettes dans le Cantal offrent parfois l’occasion de les apercevoir.

Mouflons de Corse sur les crêtes rocheuses du cirque du Falgoux, massif cantalien
Mouflons de Corse sur les crêtes rocheuses du cirque du Falgoux, massif cantalien

Parmi les autres mammifères notables, la loutre d’Europe a recolonisé la plupart des rivières du département. Elle reste très difficile à voir car elle est essentiellement nocturne, mais ses épreintes (crottes déposées sur des pierres émergées) trahissent sa présence. Le blaireau, le renard et le chevreuil sont communs mais discrets. La genette, petit carnivore tacheté d’affinité méditerranéenne, occupe les vallées les plus chaudes du sud du département.

Équipement et règles d’observation

Observer la faune sauvage dans le Cantal ne nécessite pas un investissement démesuré, mais quelques éléments font une vraie différence sur le terrain.

L’optique

Une paire de jumelles 8×42 ou 10×42 constitue le minimum indispensable. Le grossissement 8x est plus stable à main levée et offre un champ plus large, idéal pour suivre un rapace en vol. Le 10x apporte plus de détails pour l’identification à distance, mais tremble davantage. Pour le brame du cerf au crépuscule, privilégiez des jumelles avec un diamètre d’objectif de 42 mm ou plus, qui captent mieux la lumière en conditions sombres. Une longue-vue de 20-60x sur trépied est un atout considérable pour les mouflons et les rapaces, mais elle reste facultative pour une première approche.

L’habillement

Des couleurs neutres (vert olive, brun, gris) sont essentielles. Évitez le blanc, le rouge et les couleurs vives. En automne pour le brame, prévoyez des couches chaudes car les soirées en forêt sont fraîches dès la mi-septembre, avec des températures qui descendent souvent sous les 5 °C après 19 h. Des chaussures silencieuses, à semelle souple, réduisent le bruit sur les feuilles mortes. Pensez aussi à un coussin de sol isolant si vous comptez attendre au poste une heure ou plus.

La photographie animalière

Un téléobjectif de 300 mm minimum est nécessaire pour des images exploitables. Pour les marmottes à distance raisonnable, un 100-400 mm convient bien. Pour le brame en faible lumière, il faut un boîtier performant en haute sensibilité ISO. Le bivouac dans les volcans du Cantal peut s’avérer stratégique pour les photographes qui souhaitent être en place dès l’aube sans parcourir de longue distance dans le noir.

Les règles à respecter

Conformément à la réglementation qui s’applique dans le périmètre du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne et aux dispositions du Code de l’environnement relatives à la protection des espèces, il est interdit de perturber intentionnellement les animaux sauvages protégés. Cela inclut les poursuites, les approches trop rapprochées, l’utilisation de drones, la diffusion de sons enregistrés (cris de cerf, sifflements de marmottes) et l’éclairage artificiel. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 150 000 € et trois ans d’emprisonnement dans les cas les plus graves.

Calendrier des saisons et tableau récapitulatif

Le calendrier d’observation varie considérablement selon les espèces. Le tableau ci-dessous synthétise les périodes optimales, les secteurs recommandés et les horaires les plus favorables pour chaque groupe d’animaux.

Espèce Période optimale Secteur principal Meilleur créneau horaire Difficulté
Cerf élaphe (brame) 15 sept. – 15 oct. Forêt de la Maronne, forêt de la Sumène 18 h 30 – 20 h 30 / 5 h 30 – 7 h Moyenne
Marmotte alpine Mai – septembre Impradine, col de Cabre, Peyre Arse 7 h – 9 h / 16 h – 18 h Facile
Mouflon de Corse Toute l’année Cirque du Falgoux, Puy Chavaroche 6 h – 8 h Moyenne à difficile
Chamois Octobre – mars Plomb du Cantal, Lioran 7 h – 9 h Difficile
Vautour fauve Avril – octobre Gorges de la Truyère, Garabit 10 h – 15 h (thermiques) Facile
Gypaète barbu Toute l’année Cirques glaciaires (Mars, Falgoux) Journée entière Aléatoire
Milan royal Toute l’année Planèze de Saint-Flour, Châtaigneraie Matinée Très facile
Faucon pèlerin Mars – juillet (nidification) Gorges de la Cère, orgues basaltiques Matinée Moyenne

Le printemps, de mi-avril à mi-juin, cumule plusieurs avantages : les marmottes sortent d’hibernation, les rapaces sont en parade nuptiale, les mouflons mettent bas et les jours sont longs. C’est probablement la meilleure saison pour un séjour dédié à la faune. L’automne, de mi-septembre à fin octobre, offre le brame du cerf et les couleurs spectaculaires des hêtraies, un autre créneau de choix.

Sorties guidées et ressources utiles

Plusieurs structures proposent des sorties accompagnées qui augmentent considérablement les chances d’observation, surtout pour le brame.

Sorties encadrées

  • Le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne organise chaque automne des soirées brame gratuites, encadrées par des gardes-moniteurs. Les places sont limitées et l’inscription se fait en ligne, généralement dès début septembre.
  • L’Office national des forêts (ONF), gestionnaire des forêts domaniales, propose ponctuellement des sorties nature dans les forêts de la Maronne et du Lioran. Les dates sont publiées sur le site de l’ONF et relayées par les offices de tourisme locaux.
  • Des accompagnateurs en montagne spécialisés en faune sauvage exercent dans le Cantal. Certains proposent des séjours de plusieurs jours avec nuitée en buron ou en refuge, combinant randonnée et affûts photographiques.
  • Des opérateurs naturalistes comme Amarok Esprit Nature organisent des séjours complets de découverte et de photographie de la faune du Cantal, avec hébergement et encadrement spécialisé.

Où se renseigner

Les offices de tourisme de Salers, Saint-Flour, Murat et du Pays d’Aurillac disposent de fiches faune actualisées et peuvent orienter vers les sites d’observation en fonction de la saison. La fédération départementale des chasseurs du Cantal publie également des comptages annuels qui permettent de suivre l’évolution des populations de cerfs, mouflons et chamois.

Pour une approche itinérante, le Cantal se prête bien à un circuit en van ou camping-car, en enchaînant les sites d’observation sur plusieurs jours. Un itinéraire logique part de Saint-Flour (rapaces de la Truyère), remonte vers Murat et le Lioran (chamois, mouflons), franchit le Pas de Peyrol vers les marmottes du Puy Mary, puis descend dans les vallées boisées de Salers pour le brame.

La faune sauvage du Cantal constitue un patrimoine vivant qui s’enrichit d’année en année. L’arrivée du gypaète barbu, la colonisation par le chamois, la bonne santé des populations de cerfs et la densité de milans royaux font de ce département un territoire d’observation naturaliste de premier plan dans le Massif central. Reste à chacun de nous de respecter les distances, les horaires et le silence qui permettent à ces espèces de prospérer, et aux prochains visiteurs de vivre la même émotion.

À retenir

  • Planifiez vos sorties brame entre le 15 septembre et le 15 octobre, en vous positionnant au poste 30 minutes avant le crépuscule
  • Pour les marmottes, visez le virage de l’Impradine entre 7 h et 9 h en été, c’est le site le plus accessible et le plus fiable
  • Emportez toujours des jumelles 8×42 minimum : elles font la différence entre apercevoir une silhouette et identifier l’espèce
  • Respectez les distances réglementaires : 100 m pour le cerf en période de brame, 30 m pour les marmottes
  • Consultez les consignes préfectorales annuelles sur le site de la préfecture du Cantal avant toute sortie d’observation du brame

Questions fréquentes


Où peut-on voir des marmottes dans le Cantal ?

Les colonies les plus accessibles se trouvent au virage de l’Impradine sur la D680, au col de Cabre au-dessus de Mandailles et sur les pentes du Peyre Arse. Ces sites sont situés entre 1 400 et 1 800 m d’altitude et les marmottes y sont visibles de mai à fin septembre, principalement le matin entre 7 h et 9 h et en fin d’après-midi entre 16 h et 18 h.


Où voir des cerfs dans le Cantal ?

Les cerfs élaphes fréquentent les forêts de la Maronne (entre Salers et Pleaux), la forêt de la Sumène (au sud d’Ydes) et les boisements de la haute vallée de la Cère autour de Thiézac. Hors période de brame, ils restent très discrets et forestiers. Le brame, de mi-septembre à mi-octobre, est le meilleur moment pour les localiser grâce à leurs vocalisations au crépuscule et à l’aube.


Quelle est la meilleure heure pour voir des marmottes ?

Les marmottes sont actives en début de matinée, entre 7 h et 9 h, lorsque le soleil réchauffe les pelouses d’altitude, puis en fin d’après-midi entre 16 h et 18 h. Aux heures les plus chaudes de la journée, en particulier en juillet et août, elles se réfugient sous les blocs rocheux et sont beaucoup plus difficiles à observer.


Quels rapaces peut-on observer dans le massif cantalien ?

Le Cantal accueille au moins cinq grandes espèces de rapaces : le vautour fauve dans les gorges de la Truyère, le gypaète barbu dont les observations se multiplient au-dessus des cirques glaciaires, le milan royal très abondant sur la Planèze de Saint-Flour, le faucon pèlerin qui niche sur les falaises basaltiques et l’aigle botté présent en été dans les grandes forêts.


Existe-t-il des sorties guidées pour observer la faune dans le Cantal ?

Oui. Le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne organise des soirées brame gratuites chaque automne, sur inscription. L’ONF propose ponctuellement des sorties nature en forêt domaniale. Des accompagnateurs en montagne et des opérateurs naturalistes spécialisés proposent également des séjours de plusieurs jours avec affûts et photographie animalière.


Peut-on observer des chamois dans le Cantal ?

Les chamois sont présents dans le massif cantalien, principalement entre le Plomb du Cantal et le Lioran, sur les versants les plus escarpés. Leur population est en augmentation mais reste modeste. Ils sont plus faciles à repérer en hiver, lorsque leur pelage sombre contraste avec la neige, notamment lors de sorties en raquettes.


Camille Vaissière
Camille Vaissière

Camille Vaissière est rédactrice tourisme basée à Aurillac. Elle arpente le Cantal et l'Auvergne depuis quinze ans, des villages classés de la Châtaigneraie aux crêtes du Puy Mary, et couvre le patrimoine, la randonnée, la gastronomie et les traditions du département.

Sources

  1. cantal.gouv.fr
  2. legifrance.gouv.fr

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