La source du Par, à Chaudes-Aigues dans le Cantal, jaillit à 82 °C. C’est la source naturelle la plus chaude d’Europe, d’après les relevés hydrogéologiques compilés par l’article de référence sur Chaudes-Aigues dans l’encyclopédie Wikipédia. Le bourg, perché à 750 mètres d’altitude dans la vallée du Remontalou, compte une trentaine de griffons qui alimentent depuis des siècles un usage domestique, un réseau de chauffage et une activité thermale tournée vers la rhumatologie.
82 °C en plein bourg : où trouver les sources chaudes de Chaudes-Aigues
La source du Par est visible depuis la place centrale du village. L’eau sort du granite à une température stable toute l’année, indépendamment des saisons. Plusieurs fontaines d’eau chaude jalonnent les ruelles : la plus connue reste celle de la place du Gravier, où l’on peut toucher l’eau fumante à même la margelle.
Cette chaleur exceptionnelle s’explique par la géologie profonde du Massif central. Les eaux de pluie s’infiltrent, descendent à plusieurs kilomètres sous terre où elles se réchauffent au contact du socle granitique, puis remontent par des failles. Le phénomène est lié au volcanisme ancien du stratovolcan cantalien, même si les sources ne sont pas volcaniques au sens strict.
Depuis le XIVe siècle : le premier chauffage urbain géothermique connu
Chaudes-Aigues abrite ce qui est considéré comme le plus ancien réseau de chauffage géothermique au monde. Dès 1332, selon les archives municipales relayées par le site officiel de la commune, l’eau chaude circulait sous les maisons par des canalisations en bois appelées « chauffadous ». Les habitants s’en servaient pour chauffer les pièces, laver le linge, échauder les cochons. Certaines maisons du centre ancien conservent encore les passages de ces conduites sous leur plancher.
Un petit musée, le Géothermia, retrace cette histoire. Vu du côté du visiteur qui découvre le village à pied, la vapeur qui s’échappe des regards et des fontaines suffit à comprendre pourquoi le bourg porte ce nom depuis le Moyen Âge.
Rhumatologie, détente et baignade : ce que propose la station thermale
L’eau de Chaudes-Aigues est classée bicarbonatée sodique, fluorée et riche en silice. La station thermale dispose d’un agrément pour les cures conventionnées en rhumatologie, d’une durée de 18 jours, prises en charge par l’Assurance maladie sous prescription médicale. Les affections traitées vont de l’arthrose aux séquelles de traumatismes articulaires, en passant par les lombalgies chroniques.
La station dispose aussi d’un centre thermoludique ouvert sans prescription, qui permet de se baigner dans des bassins intérieurs et extérieurs alimentés par l’eau thermale. On y revient plus bas.
Est-il possible de se baigner à Chaudes-Aigues ?
Oui, le centre thermoludique de la station propose des bassins accessibles à la journée ou à la demi-journée, sans rendez-vous médical. Les tarifs et horaires évoluent selon la saison : ils sont publiés sur le site du centre. Il n’est pas possible de se baigner directement dans les sources du village, dont la température rendrait toute immersion dangereuse.
Quels sont les tarifs des thermes ?
Les tarifs de la cure conventionnée dépendent du protocole prescrit. Ceux du centre thermoludique varient selon la formule choisie (accès simple, soins complémentaires, forfaits). Dans les deux cas, les grilles tarifaires à jour sont consultables directement auprès de l’établissement thermal.
Chaudes-Aigues constitue une étape cohérente dans un itinéraire de quatre jours à travers le Cantal, d’autant que le viaduc de Garabit se trouve à une vingtaine de minutes en voiture.
Camille Vaissière est rédactrice tourisme basée à Aurillac. Elle arpente le Cantal et l'Auvergne depuis quinze ans, des villages classés de la Châtaigneraie aux crêtes du Puy Mary, et couvre le patrimoine, la randonnée, la gastronomie et les traditions du département.
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